PNR de la Brenne

Région (s) Centre
Département (s) Indre
Superficie 183 043 ha
Nb communes 51
Nb habitants 33700
Adresse Le Bouchet – 36 300 ROSNAY
Telephone 02 54 28 12 12
Site web www.parc‐naturel-brenne. fr

Le paysage zones humides

Avec plus de 4000 plans d’eau, la Brenne est l’une des plus importantes zones humides françaises, reconnue au niveau mondial pour la richesse de sa faune et de sa flore.

Les étangs sont principalement concentrés sur le territoire de « la Grande Brenne », appelé également « Pays aux mille étangs », situé au cœur du Parc. Ce secteur est composé d’une mosaïque de paysages (milieux aquatiques, bois, landes, prairies parfois dominées par les buttons). Le territoire de la Grande Brenne est inscrit au réseau Natura 2000 au titre de la Directive Habitats, Faune et Flore et également de la Directive Oiseaux (les deux sites se superposent en quasi totalité) sur une superficie de 58 000ha.


Au Sud de la Brenne, le paysage devient vallonné et boisé avec les rivières de l’Anglin et de la Creuse (ces deux vallées sont inscrites en sites Natura 2000 au titre de la Directive Habitats). Entre ces deux vallées, le paysage de la « Petite Brenne » est caractérisé par la présence d’un important maillage bocager et de massifs forestiers.
En périphérie de la Brenne, essentiellement au Nord et à l’Ouest, le paysage est d’avantage marqué par la présence de zones céréalières.
De manière générale, la Brenne est un territoire faiblement peuplé, mais la « Queue de Brenne », à l’Est du territoire, est un secteur plus périurbain.  

L’importance des zones humides du Parc est mise en exergue par l’inscription des ¾ du territoire à la liste des sites Ramsar. Deuxième de France en termes de superficie, le site couvre des zones humides, mais également les autres paysages décrits ci-dessus (zones céréalières, bocagères, périurbaines...).
Le PNR de la Brenne est animateur de ce site Ramsar et des quatre sites Natura 2000 (3 ZSC et 1 ZPS).

Les problématiques

Des zones humides prégnantes mais fragilisées
Territoire d’étangs, le PNR de la Brenne est fortement axé autour de l’activité piscicole qui représente 12% de la production nationale et se situe en deuxième position après la Dombes.

La pisciculture est au cœur de la société Brennouse, les locaux restant très attachés aux étangs et à leur exploitation traditionnelle. Les pêches d’étangs sont par là même une occasion attendue pour assurer la cohésion entre les habitants et maintenir un ancrage au territoire.

Cependant, certaines menaces pèsent sur les étangs de la Brenne. On constate tout d’abord un abandon de la vocation piscicole de certains plans d’eau, suite au rachat par de nouveaux propriétaires, au profit d’un usage cynégétique strictement privé. Ces derniers, pour conserver les oiseaux d’eau à l’ouverture de la chasse sur leurs étangs, ne vidangent plus aussi fréquemment leurs étangs, alors que cette pratique est garante du maintien de l’équilibre de cet hydrosystème. D’un autre côté, on a pu assister à une intensification de l’activité piscicole avec l’apport de compléments alimentaires qui peuvent occasionner des impacts sur la faune et la flore des milieux aquatiques. En Centre Brenne, les étangs sont faiblement impactés par les pratiques agricoles car les parcelles sont essentiellement occupées par des prairies. L’utilisation de produits phytosanitaires par le passé sur les étangs serait susceptible de laisser encore aujourd’hui des produits rémanents, mais ce phénomène n’a jamais encore été prouvé. L’impact serait d’autant plus important que les étangs en Brenne sont configurés en chaînes, ce qui implique un effet d’accumulation pour les plans d’eau situés en aval.

Le PNR de la Brenne, au cœur des problématiques du territoire
Le Parc travaille depuis 12 ans sur des « Contrats étangs » (Cf. Fiche Action « Gestion durable des étangs) comportant des mesures aqua-environnementales, sur les sites Natura 2000. A l’instar des mesures agro-environnementales, les propriétaires peuvent bénéficier d’indemnisations en contrepartie de la mise en œuvre de pratiques aquacoles extensives préservant la biodiversité.
La Brenne présente en outre la particularité d’une propriété privée dominante (99% des étangs sont privés). Pour intervenir sur ces milieux, le PNR a basé l’essentiel de sa politique sur la contractualisation, principalement Natura 2000.
Afin de pouvoir intervenir sur les sites privés, le Parc a développé un certain nombre d’actions à destination des propriétaires, comme la création de la Brigade Écrevisses (Cf. Fiche Action « Lutte contre les espèces exotiques envahissantes ») ou les conventions de gestion éco-pastorales.

D’une manière générale, le Parc ne présente pas de stratégie particulière pour la préservation et la gestion des zones humides. La rédaction d’un plan de gestion sur le site Ramsar est toutefois en cours de réflexion. Le Parc agit « au cas par cas », selon les opportunités, et surtout au travers des MAE Territorialisées.
La Charte du PNR prend en compte les zones humides selon plusieurs clés d’entrées : nature, économie, agriculture et pisciculture… L’approche par le tourisme ne semble pas être une priorité bien que ce territoire présente un patrimoine naturel et bâti important et des savoir-faire traditionnels (pisciculture, exploitation de l’argile et du grès) correspondant à une culture locale forte.

Les autres actions listées

♣    Étendue temporaire des MAEt à toute la zone RAMSAR (même hors zone Natura 2000). Arrêt en 2012
♣    Mesures aqua-environnementales dans le cadre de Contrats Étangs (2010-2015)
♣    Pêches d’étangs
♣    Soutien au maintien d’une exploitation piscicole traditionnelle extensive
♣    Convention cadre avec une base militaire pour la gestion de 150 ha de milieux naturels, dont des étangs
♣    Inventaire complet des mares et suivi d’une centaine
♣    Projet de réimplantation des massifs de nénuphars sur les étangs
♣    Travail sur les espèces exotiques envahissantes (sensibilisation, études, participation à des recherches dans le cadre du programme LIFE+…)
♣    Lutte contre les espèces exotiques envahissantes
♣    Action « Espaces Naturels Communaux », à l’instar des ENS